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Rassemblement national (RN)

Extrême droiteFondé en 1972

Candidat : Marine Le Pen

Positionnement

Extrême droite selon le consensus des travaux universitaires, de la presse de référence et des classifications administratives des nuances politiques. Le parti conteste cette qualification et se présente comme « national » et « patriote ». Fondé en 1972 sous le nom de Front national, il a pris le nom de Rassemblement national le 1er juin 2018.

Courants idéologiques

Un courant revendiqué est celui dont le parti se réclame lui-même ; un courant attribué est un qualificatif employé par la presse ou les travaux universitaires.

  • NationalismeRevendiqué

    Le nationalisme place la nation au centre de la vie politique : il considère que l'appartenance nationale fonde la solidarité collective et que l'État doit défendre en priorité les intérêts du pays. En France, il se traduit par une insistance sur le contrôle des frontières, sur l'identité nationale et sur l'indépendance de la décision politique vis-à-vis des organisations internationales.

  • Préférence nationale (nativisme)Revendiqué

    La préférence nationale consiste à réserver aux nationaux, ou à leur accorder en priorité, l'accès à certains emplois, prestations sociales ou logements. Elle repose sur l'idée que l'État doit d'abord servir ses ressortissants. Sa mise en œuvre supposerait des modifications constitutionnelles et la renégociation d'engagements européens et internationaux, le principe d'égalité et le droit de l'Union européenne s'y opposant en l'état.

  • Protectionnisme économiqueRevendiqué

    Le protectionnisme consiste à limiter la concurrence étrangère sur le marché intérieur par des droits de douane, des quotas ou des normes, afin de préserver les emplois et les entreprises du pays. Il s'oppose au libre-échange. Le parti l'associe à la défense des filières industrielles et agricoles françaises.

  • EuroscepticismeRevendiqué

    L'euroscepticisme désigne une attitude critique à l'égard de la construction européenne. Sa forme modérée demande une réforme profonde des traités et le retour de certaines compétences aux États ; sa forme radicale demande la sortie de l'Union européenne. Les critiques portent notamment sur le poids des institutions non élues, sur la monnaie unique et sur les règles du marché intérieur.

  • Conservatisme socialRevendiqué

    Le conservatisme social défend le maintien des normes, des institutions et des repères collectifs existants : famille, autorité, ordre public, transmission d'un héritage. Il se montre prudent ou hostile face aux évolutions rapides des mœurs et du droit dans ce domaine.

  • National-populismeAttribué

    Le national-populisme oppose un « peuple » présenté comme homogène à des élites politiques, économiques et médiatiques accusées de ne plus le représenter. Il combine cette opposition avec la priorité donnée à la nation et à ses ressortissants, et privilégie l'appel direct aux citoyens, notamment par le référendum. Le terme est majoritairement employé par les politologues pour décrire le parti plus qu'il n'est revendiqué par lui.

Financement
  • Financement public (régime légal commun)

    Le RN perçoit l'aide publique de l'État versée aux partis politiques : une première fraction calculée au prorata des voix obtenues au premier tour des élections législatives, une seconde fonction du nombre de parlementaires rattachés. À la suite de ses résultats aux législatives de 2024, le parti perçoit 14,8 millions d'euros au titre de l'année 2025 et devient le premier bénéficiaire de cette aide (franceinfo, 6 septembre 2025). En 2018, une décision de justice relative à une saisie mentionnait une aide publique annuelle d'environ 4,5 millions d'euros, assise sur les résultats des législatives de 2017. Il s'agit du droit commun du financement de la vie politique française.

  • Emprunt de 2014 auprès d'une banque russeOrigine étrangère

    En septembre 2014, le Front national a contracté un prêt de 9 millions d'euros auprès de la First Czech Russian Bank, établissement fondé en Tchéquie et basé à Moscou. L'opération a été révélée par Mediapart en novembre 2014. Après la mise en liquidation de la banque fin 2016, la créance a été cédée à la société russe Aviazapchast. Le parti a annoncé le 18 septembre 2023 avoir intégralement remboursé ce prêt, en un seul versement de 6 088 784 € capital et intérêts compris. Cet emprunt a été souscrit avant la loi du 15 septembre 2017, qui limite les emprunts des partis français aux personnes physiques, aux partis politiques et aux établissements de crédit ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen ; un emprunt n'est par ailleurs pas un don.

  • Emprunt de 2017 dit « prêt émirati »Origine étrangère

    Selon Mediapart (octobre 2019), la campagne présidentielle de 2017 laisse au parti un déficit d'environ 6 millions d'euros ; il obtient, par l'intermédiaire d'un homme d'affaires français, un prêt de 8 millions d'euros dont le contrat est signé en République centrafricaine et dont les fonds ont été versés par Noor Capital, établissement des Émirats arabes unis. Toujours selon Mediapart, le parquet national financier a été saisi fin 2019 en vue de l'ouverture d'une enquête sur l'origine des fonds ; les sources consultées ne permettent pas d'établir l'état de cette procédure au 30 août 2026.

  • Cotisations, dons de personnes physiques et emprunts auprès de particuliers

    Le parti recourt aux cotisations de ses adhérents et aux dons de personnes physiques, plafonnés par la loi à 7 500 € par an et par parti ; les dons de personnes morales sont interdits depuis 1995. En avril 2020, il a lancé un « emprunt patriotique » auprès de particuliers, avec une participation individuelle d'au moins 1 000 € rémunérée à 5 %, en visant 25 millions d'euros pour financer ses campagnes ultérieures. Le recours à l'emprunt auprès de personnes physiques est autorisé par la loi.

Affaires judiciaires
  • Affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen (détournement de fonds publics européens)

    Condamnation en appel le 7 juillet 2026 ; pourvoi en cassation formé par les condamnés. La condamnation n'est pas définitive et la présomption d'innocence demeure jusqu'à la décision de la Cour de cassation, attendue au plus tard début avril 2027.

    L'enquête portait sur l'emploi d'assistants parlementaires rémunérés par le Parlement européen mais travaillant en réalité pour le parti, le préjudice étant estimé à 2,9 millions d'euros. Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné le Rassemblement national, en tant que personne morale, à 2 millions d'euros d'amende dont 1 million avec sursis, ainsi qu'à la confiscation d'un million d'euros saisi pendant l'instruction ; Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux ans ferme sous bracelet électronique, 100 000 € d'amende et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Treize recours ont été formés, dont ceux du parti et de Marine Le Pen. Le procès en appel s'est tenu devant la cour d'appel de Paris du 13 janvier au 12 février 2026. Par arrêt du 7 juillet 2026, la cour a confirmé globalement les déclarations de culpabilité mais allégé les peines : le Rassemblement national est condamné pour complicité de détournement de fonds publics et recel par personne morale à 2 millions d'euros d'amende dont 1 million avec sursis et 1 million confisqué ; Marine Le Pen à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et un an ferme sous surveillance électronique, 100 000 € d'amende et 45 mois d'inéligibilité dont 30 mois avec sursis. Les condamnés se sont pourvus en cassation ; le parquet général de la cour d'appel a annoncé le 15 juillet 2026 renoncer à former un pourvoi. Les effets du pourvoi sur l'exécution de la peine d'inéligibilité font l'objet d'un débat juridique public ; la validité d'une candidature à l'élection présidentielle relèverait le cas échéant du Conseil constitutionnel.

  • Affaire dite « des kits de campagne » (micro-parti Jeanne et société Riwal)

    Condamnation définitive : la Cour de cassation a confirmé l'arrêt d'appel le 19 juin 2024.

    L'information judiciaire portait sur la facturation de « kits de campagne » aux candidats du Front national lors des législatives de 2012, par l'intermédiaire du micro-parti Jeanne et de la société de communication Riwal. Le Front national a été mis en examen le 9 septembre 2015 en tant que personne morale et renvoyé en correctionnelle pour recel d'abus de biens sociaux au préjudice de Riwal et complicité d'escroqueries. Le procès s'est tenu du 6 au 29 novembre 2019 devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Par jugement du 16 juin 2020, le parti a été condamné à 18 750 € d'amende - le maximum encouru par une personne morale pour ce délit - pour recel d'abus de biens sociaux, le tribunal ne retenant pas l'escroquerie ; d'autres prévenus ont été condamnés à des peines d'emprisonnement en tout ou partie assorties du sursis, à des amendes et à des peines d'inéligibilité, un prévenu étant relaxé. Le parquet a fait appel. En appel, en 2023, l'amende du Rassemblement national a été portée à 250 000 €. La Cour de cassation a confirmé cet arrêt le 19 juin 2024. Selon une analyse de Challenges, la condamnation du micro-parti Jeanne à 150 000 € d'amende pour escroquerie et l'obligation de rembourser à l'État environ 860 000 € de frais de campagne indûment perçus pèsent in fine sur les finances du parti, qui consolide les comptes de Jeanne.

  • Information judiciaire sur des soupçons de financement illicite des campagnes de 2022 et 2024

    Information judiciaire ouverte en juillet 2024, toujours au stade des investigations. Aucune condamnation n'est intervenue et, en l'état des sources consultées, aucune mise en examen du parti en tant que personne morale n'est établie ; la présomption d'innocence s'applique pleinement.

    En juillet 2024, à la suite de signalements de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, une information judiciaire a été ouverte sur les conditions de financement de la campagne de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2022, des élections législatives de 2022 et des élections européennes de 2024. Elle vise, selon Le Monde, des chefs de « prêt d'une personne morale à un candidat en campagne électorale, acceptation par un candidat en campagne de prêt d'une personne morale, détournement de biens par des personnes exerçant une fonction publique, escroquerie commise au préjudice d'une personne publique, faux et usage de faux ». Le 9 juillet 2025, une perquisition a été menée dans les locaux du Rassemblement national dans ce cadre.

  • Enquête du Parquet européen sur l'utilisation de fonds du groupe Identité et démocratie au Parlement européen

    Enquête ouverte le 8 juillet 2025 par le Parquet européen ; stade des investigations. Aucune mise en cause judiciaire définitive n'est établie et la présomption d'innocence s'applique au parti comme aux personnes concernées.

    Le 8 juillet 2025, le Parquet européen a ouvert une enquête visant le Rassemblement national et ses anciens partenaires du groupe Identité et démocratie au Parlement européen. Selon un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen relayé par la presse, plus de 4,33 millions d'euros du budget européen auraient été détournés entre 2019 et 2024, une large part ayant bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen.

Controverses

Faits datés, documentés par la presse de référence, exposés sans jugement.

  • 1987, puis à plusieurs reprises : Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, qualifie les chambres à gaz de « point de détail de l'histoire » de la Seconde Guerre mondiale ; il a été condamné à trois reprises pour contestation de crime contre l'humanité. Après une nouvelle déclaration du 4 avril 2015, le bureau exécutif du parti décide, le 20 août 2015, de l'exclure, dans le cadre de la stratégie dite de « dédiabolisation » conduite par Marine Le Pen.
  • Novembre 2014 : révélation par Mediapart du prêt de 9 millions d'euros consenti au parti par la First Czech Russian Bank, à l'origine d'un débat public récurrent sur les relations du parti avec la Russie.
  • 24 mars 2017 : à un mois du premier tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen est reçue au Kremlin par Vladimir Poutine, pour un entretien d'environ une heure et demie auquel seuls les médias russes ont accès. Il s'agit de son quatrième déplacement en Russie (juin 2013, avril 2014, mai 2015, mars 2017) et de sa première et unique rencontre officielle avec le président russe.
  • À partir de 2013 : les journalistes du Petit Journal (Canal+), devenu Quotidien (TMC), et de Mediapart ne sont plus accrédités aux conférences de presse et meetings du parti, qui invoque le « traitement militant » de l'actualité par ces rédactions.
Sources